TROIS VOEUX
Et tu découvres dans le
sable du cahier,
Fouillant les symptômes de
ma calligraphie,
Tous les jours, Charlie se creusait la tête à la recherche de n’importe quel prétexte pour faire quelque chose avec Mina en dehors du cadre du boulot. Par exemple, il organisait une soirée chez lui avec des amis communs en l’invitant à venir aussi mais à chaque fois, elle se décommandait à la dernière minute. Ou il tentait de la convaincre de sortir voir un film ensemble mais en vain. Ou il lui parlait d’un nouveau restau sympa mais elle n’était jamais libre quand il lui proposait une date. Le pire, c’est qu’elle semblait vraiment désireuse de répondre à ses invitations quand il lui en parlait. Mais quelle qu’en soit la raison, il y avait toujours un contretemps qui faisait que tout était repoussé et la plupart du temps, finalement annulé.
Charlie en ressentait de nombreuses frustrations. Il lui arriva même une fois d’envoyer un mot furieux à Mina alors qu’elle lui avait posé une fois de plus un lapin. Elle vint le voir, livide et tendue, pour lui demander le pourquoi d’une telle agressivité et pour lui signifier qu’elle pouvait, comme tout le monde, avoir des contraintes qui de plus ne regardaient personne, et sûrement pas lui. Il en fut mortifié, non seulement de l’avoir poussée à bout, mais aussi de ne pas avoir pensé une seconde qu’il ne s’agissait pas, de la part de Mina, d’une attitude de rejet délibérée mais juste d’une simple désorganisation chronique de sa part. Il lui présenta maladroitement toutes ses excuses et laissa passer plusieurs semaines avant de pouvoir lui reparler de façon détendue.
Un jour, pour lui montrer que cet incident était définitivement clos, il lui envoya un mail dans lequel il réussit à lui montrer, avec douceur et humour, à la fois qu’il la comprenait et ce qu’il ressentait.
De :
Charlie
A :
Mina
Objet :
Trois vœux
Chère
Mina,
Cette nuit, j’ai fait un rêve étrange. Tu n’étais pas directement dedans et pourtant tu y jouais un rôle important alors je te le raconte...
Je
marche sur une grande plage déserte, le long de la mer, on
dirait que c’est celle de l’Espiguette,
près du Grau du Roi. Le soir est en train de tomber,
l’air est doux, il fait beau, on n’entend que le
bruit du ressac et quelques cris de mouettes. Il n’y a
personne d’autre que moi...
A
un moment, je vois un drôle de truc à
moitié enfoui dans le sable. Je m’approche, je me
baisse, j’écarte un peu le sable. Tiens ?
C’est une grosse lampe-torche étanche, le genre de
modèle qu’on utilise pour faire de la
plongée. Je me dis que sans doute quelqu’un
l’a perdue au large.
Je
la ramasse pour voir si elle marche encore, ah oui, elle
s’allume, yes. Alors, je frotte un peu le sable et
là – shazaam – elle se met à
vibrer dans ma main, une espèce de brume s’en
échappe et tout d’un coup, un gros
génie bleu comme celui du dessin animé
Aladdin-avec-deux-D sort de la lampe ! D’accord, les
génies ça n’existe pas mais moi je ne
sais pas encore que je rêve alors de surprise, je
lâche la lampe et je me dis oh chitte et feuque,
keskeussékeusseumonstre.
Le
génie se met à tousser,
s’étire, regarde autour de lui et finit par me
remarquer. Il me dit :
« Ah,
c’est toi qui m’as
réveillé !
C’est pas trop tôt, ça fait 8243 ans que
j’attends là-dedans !
-
Dans une lampe-torche ? 8243 ans et tu
étais dans une lampe à piles ???,
ne puis-je m’empêcher de lui répondre
(n’oublions pas que je suis un ingénieur de haut
niveau).
-
Hé, ho, l’autre ! Me prends pas pour un
débile ! Je sais bien que ça
n’existait pas les lampes à piles il y a 8243 ans.
Et pis d’abord, au début,
c’était une lampe à huile comme tout le
monde mais je te ferai dire que les lampes à
génie, c’est comme ça, ça
change avec les années qui passent. Et de toute
façon, qu’est-ce que ça peut bien te
faire, le modèle de lampe que j’utilise ?
Tu vois un génie surgir devant toi et tout ce que tu trouves
à dire, c’est que ma lampe te semble trop
moderne ?
-
Euh, désolé, mais c’est vrai que je
n’ai pas trop l’habitude de voir des
génies. Et, euh, hum, alors comme ça, euh, tu es
vraiment un, euh, vrai génie ?
-
Comment ça, un vrai
génie ? Bien sûr que je suis un vrai
génie ! Tu ne vois pas que je suis tout bleu, que
je mesure plus de 2 mètres et qu’en plus je viens
de sortir d’une ridicule lampe-torche au milieu
d’une plage déserte ? Ben,
qu’est-ce qu’il te faut ! Tiens,
d’ailleurs, je vais te montrer que je suis un vrai
génie. Vas-y, fais trois vœux et je les
exaucerai !
-
Ah ouais ? Sans rire ? Trop cool ! Je peux
te demander n’importe quoi ?
-
Attends, attends, t’excite pas trop ! Pas la peine
de me demander la paix dans le monde ou l’amour universel ou
des conneries comme ça ! Ca, je peux pas... Je suis
un vrai génie mais je ne suis pas Dieu non plus,
hein ? Tout juste un honnête génie
échelon 2B, ni plus ni moins. Et puis bon, tu as vu ma
lampe, c’est quand même pas un lampadaire en
cristal de chez Tiffany’s, c’est juste une lampe
à piles pour faire de la plongée, alors, bon,
vrai génie oui, mais tout-puissant c’est
exagéré. Bon, en fait, tes vœux doivent
être des choses qui pourraient vraiment arriver dans la vie
normale si les circonstances s’y prêtaient, tu vois
ce que je veux dire ? Genre, la vie immortelle c’est
non mais gagner au loto ça je peux. Tu captes ?
-
Oui, ah oui, je vois, okédacor. Euh, laisse-moi un peu
réfléchir, enfin je veux dire c’est pas
mon premier vœu que tu me laisses un peu
réfléchir, juste qu’il faut que
j’y pense un peu parce que bon, trois vœux
c’est déjà beaucoup mais
c’est pas grand chose non plus, faut pas se planter.
-
C’est bon, vas-y, mais j’aimerais bien
qu’on n’y passe pas la nuit non plus parce que
là, on est tout près de Palavas et de la
Grande-Motte et les boîtes de nuit vont ouvrir dans pas
très longtemps alors maintenant que je suis dehors,
j’irais bien, euh, hum, décompresser si tu vois ce
que je veux dire, hé,
hé ! »
Et
sur ce, il s’allume une clope et il consulte ses sms pendant
que je réfléchis. Bon, qu’est-ce que je
pourrais bien lui demander... J’ai partagé la vie
de femmes adorables, douces, belles, intelligentes, sensibles et
même si je vis seul aujourd’hui, certaines sont
toujours mes amies. Je suis entouré de gens qui
m’aiment, que je vois souvent et sur qui je peux compter
à chaque fois que j’en ai besoin. J’ai
une santé inusable, je sais à peine à
quoi ressemble un médecin. La belle maison, j’ai
déjà aussi, elle me plait comme elle est, ni trop
petite ni trop grande, jolie, confortable, ça va. Les
vacances de rêve ? Non, pas besoin d’un
génie pour ça non plus, je m’en offre
à chaque fois que je veux. Gagner au loto ?
Composer le tube du siècle ? Franchement, je
m’en tape, je ne cherche pas à être
riche et fameux, je veux juste être heureux. Alors
c’est quoi ce qui me manque le plus ?
Oui,
ça y est, je sais...
« Génie,
voici mon premier vœu. Tu sais, à mon travail, il
y a cette personne que je trouve magique. Elle s’appelle
Mina, je crois que j’ai dû la connaître
dans une vie antérieure tellement je me sens vibrer de
partout à chaque fois que je la vois. Si ça se
trouve, elle était Héloïse quand
j’étais Abelard, Virginie quand
j’étais Paul, Roméo quand
j’étais Juliette, et...
-
Oh, Juliette, épargne-moi tes salades romantiques
à deux balles, d’accord ? Dis-moi juste
ton vœu, OK ?
-
Euh oui, oui, j’y viens. Bon, bref, elle, elle ne doit pas se
souvenir des mêmes trucs que moi parce que moi, par contre,
je ne lui fais rien du tout comme effet et donc, je me demandais si tu
pourrais...
-
Stop ! Je t’arrête ! Tu ne vas
quand même pas me demander de la rendre amoureuse de toi,
j’espère ? Parce que ça,
c’est non, je peux pas !
-
Mais non, pas du tout ! Si un jour elle éprouvait
de l’amour pour moi, je trouverais complètement
nul que ce soit à cause d’un génie,
sauf ton respect ! Si un jour elle m’aimait, je
voudrais que ce soit uniquement parce qu’elle le ressent par
elle-même. Et ça je sais que ce n’est
pas le cas, mais alors pas du tout. Non, ce n’est pas
ça mon premier vœu.
-
Accouche, mec, c’est quoi ?
-
Voilà, voilà. Quand je la vois le matin, des fois
elle est toute heureuse et souriante quand on se dit bonjour mais des
fois, son visage est fermé, elle me regarde à
peine, elle me dit tout juste bonjour comme si elle était
forcée et elle s’échappe le plus vite
possible et si elle voit un autre de ses amis, elle reprend son sourire
éclatant et elle a envie de lui raconter plein de trucs
alors ce n’est pas qu’elle est dans un mauvais
jour, tu comprends ? Sinon, elle garderait son visage
fermé même pour les autres mais là,
j’ai l’impression qu’elle ne fait
ça qu’avec moi. C’est parce que des fois
elle se sent gênée de me voir, sans doute parce
que je lui ai dit un truc de trop la veille ou parce qu’elle
se dit que si elle me sourit ça va me faire fantasmer comme
un malade ou parce qu’elle voit dans mon regard tout mon
cœur qui déborde ou...
-
Ton vœu !!!
-
Euh, oui. Mon premier vœu... Mon premier vœu,
c’est que Mina soit heureuse de me voir tous les jours,
qu’elle ait envie de me parler, de me raconter le dernier
truc qui lui est passé par la tête ou qui lui est
arrivé, bref qu’elle me montre qu’elle
me voit comme un ami. Tu peux le faire, ça ?
-
Fastoche. Shazam. Exaucé. Deuxième
vœu ? »
Deuxième
vœu, deuxième vœu... Monter un club de
loisirs à Bora-Bora ? Faire un gîte dans
les Cévennes ? Visiter la maison natale
d’Audrey Tautou à Domérat ?
Ecrire un roman ? Réaliser un film ? Me
remettre à fond au piano ? Non, non, ça
ne me turlupine pas sérieusement, tout ça. Il
faut que je demande un truc qui me manque vraiment, le reste
c’est pas important... Mmmmhh...
« Génie ?
Ca y est, je suis décidé.
-
Je t’écoute.
-
Ben, tu vas rire, c’est toujours à propos de Mina.
Des fois, je lui propose de faire un truc ensemble, genre lui faire
découvrir un restau, ou aller à la piscine, ou
faire de la plongée, ou venir manger à la maison,
mais bon, rien d’ambigu ou d’impressionnant puisque
je lui dis aussi qu’elle peut amener qui elle veut,
d’autres copains, tout ça, tu vois ?
-
Fascinant. Et alors ?
-
Souvent, elle me dit que oui, ça lui plairait bien. Et tu
sais, ça a l’air sincère, ça
lui plait vraiment comme idée, mais quand je lui propose une
date, ça va pas, alors je lui en propose une autre et
ça va pas, alors encore une autre et je vois
qu’elle a l’air de plus en plus
embêtée parce que ça va toujours pas et
elle finit par espérer que je ne vais plus lui en parler
tellement ça la gêne que ça
n’aille pas ou parce que, finalement, elle n’en a
plus envie du tout. Et après, elle
m’évite pendant des jours et des jours mais
ça, c’est réglé maintenant,
grâce au premier vœu ça ne devrait plus
arriver.
-
C’est quoi ton problème, mec ? Tu as
mauvaise haleine ?
-
Non, non, je sais qu’elle est comme ça avec
d’autres copains à elle qui lui proposent aussi
des trucs à faire, parce que quand je leur en ai
parlé, ils m’ont dit que pour eux
c’était pareil alors je ne fais pas de parano
là-dessus, c’est rien contre moi, c’est
juste qu’elle est comme ça, parce
qu’elle a plein de copains et qu’elle est gentille
avec tout le monde. Mais c’est vrai que c’est un
peu déprimant, à force, de voir qu’on
passe toujours après tous les autres plans qu’elle
a prévus. Depuis un an, je ne suis arrivé
qu’une seule fois à la faire venir à un
truc avec moi, c’était pour aller voir pendant
toute un après-midi des pièces de
théâtre au festival off d’Avignon et
qu’est-ce que c’était cool mais bon, je
ne vais quand même pas attendre le prochain festival
d’Avignon pour pouvoir la revoir en dehors du boulot. En
plus, je crois que ça doit la rendre un petit peu
malheureuse de se retrouver à toujours dire non à
des trucs qui lui plairaient et de voir au bout d’un moment
qu’on ne lui en parle plus même si ça la
soulage de ne plus avoir à dire non mais que quand
même ça lui aurait bien plu de le faire euh tu me
suis toujours là ?
-
Tu veux bien me faire la version courte ? Je vais pas tarder
à y aller, moi.
-
Oui, j’y arrive. Mon deuxième vœu,
c’est que la prochaine fois que Mina dira oui à un
plan que je lui propose, ce soit elle qui me relance pour me proposer
une date.
-
Ouh la. Ouh la la. Ca va être plus dur, ça.
Beaucoup, beaucoup plus dur. Tu sais, les filles... Bon, laisse-moi me
concentrer. »
Le
génie pose ses mains sur ses tempes. Il ferme les yeux, il
fronce les sourcils. Il se met à marmonner un truc
inaudible, des grosses gouttes de transpiration commencent à
couler de son front, de la fumée sort de ses oreilles, sa
peau passe de bleu clair à bleu foncé,
ça dure, ça dure, il semble à deux
doigts de l’épuisement ou de l’explosion
et tout-à-coup, il pousse un grand cri en levant ses poings
vers le ciel !!!
« Hayaaaaaaa !!!!!!
Yes !!!! Pfff, eh ben dis donc, il était pas
facile, celui-là !... Mais ça y est, ton
vœu est exaucé ! Par contre je te
garantis pas que ça marchera à tous les coups
mais quand même, tu devrais voir un mieux.
-
Merci, génie. Tu sais, si déjà
ça marchait plus souvent qu’une fois par an, je
serais super heureux !
-
Bon, il t’en faut pas beaucoup, tant mieux pour toi. Allez,
plus qu’un vœu et après je me barre.
J’ai un pote génie qui vient de
m’envoyer un sms, il m’attend au Macumba, il a
repéré des meufs top canon, des missiles de chez
missiles, mais faudrait pas que je tarde sinon je vais encore finir
tricard, tu sais ce que c’est.
-
Ah bon ? Les génies aussi ?
-
M’en parle pas. Alors ? »
Gasp.
Déjà
le troisième vœu.
C’est
peut-être ma dernière chance de devenir
propriétaire d’une réserve
d’animaux en Afrique ou danseur étoile
à Bali ou, tiens pourquoi pas, violoncelliste à
Arcachon.
Faut
que je me décide.
« Génie ?
-
Allez, lance-toi. Etonne-moi, choisis un vœu qui ne soit pas
pour ta Mina, là.
-
Génie, désolé de ne pas te surprendre
mais mon troisième vœu concerne aussi Mina. Par
contre, cette fois-ci, il ne me concerne pas moi, sauf si mes deux
premiers vœux réussissent au-delà de
mes espérances.
-
Comme c’est beau, je vais écraser une larme, vite
un mouchoir, raconte-moi ça, j’en peux plus.
-
Mina aime bien fumer. Un jour, ça risque de la rendre
très malade.
-
Attends, tu vas griller ton dernier vœu juste pour me
demander de la faire arrêter de fumer ?
-
Non, non, c’est pas ça. Après tout,
elle peut aussi bien être très malade un jour sans
que les clopes y soient pour quelque chose. Je voulais juste dire, si
elle se retrouve clouée au lit pendant des semaines ou des
mois...
-
Tu veux lancer une grande chaîne de solidarité sur
Internet « Tous avec
Mina » ?
-
Très drôle, mais non. Voici mon dernier
vœu. Je voudrais que si ça lui arrive, tous ses
amis se relaient pour la voir, pour la distraire, pour la cajoler, pour
la faire rire, pour lui faire connaître des moments si
agréables que lorsqu’elle sera devenue une
arrière-grand-mère heureuse, elle repensera
encore avec plaisir à ce moment qui aurait pu être
le plus sombre de sa vie. »
Le
génie reste un long moment silencieux en me regardant
d’un air pensif. Et puis il finit par me dire :
« Tu
es un drôle de mec, tu sais. Je crois que c’est la
première fois que j’offre trois vœux
à quelqu’un qui n’en garde aucun pour
lui. Je me demande pourquoi cette Mina ne t’aim... euh, non,
rien... »
Il
regarde vers le large. La nuit est tombée. On voit
à l’horizon les lumières d’un
bateau. Et puis, il claque des doigts.
« Ton
vœu est exaucé. Salut. »
Une
seconde plus tard, il disparaît.
Il
ne reste que la lampe, posée sur le sable. Je la ramasse,
j’essaie de la rallumer, elle marche encore. Je la prends, je
la serre fort.
Et
là, seul sur la plage, à la nuit
tombée, je me met à rire doucement.
« Hé,
génie ! Tu n’es pas très
fute-fute, je viens de t’extorquer deux vœux de
plus ! »
Shazaam !!!
Il re-apparaît devant moi, l’air furax, en chemise
à fleurs, un verre de tequila à la main et des
Oakley Magnesium sur le front.
« Quoi ?
Comment ça ? Qu’est-ce que tu veux
dire ? Tu m’as juste parlé
d’adoucir son passage éventuel à
l’hosto, ils sont où les deux autres
vœux ??? Aaargghhhh, espèce de sale
tricheur, ça y est, je viens de comprendre !!!!
Pour qu’elle devienne un jour une
arrière-grand-mère heureuse, il faudra
qu’elle ait eu une longue vie pleine de bonheur et
qu’en plus elle rencontre le grand amour qu’elle
attend depuis toujours !!! Tricheur !!! Je vais
te... »
Un
génie en colère, c’est vraiment
effrayant. Et moi, je ne suis pas un héros. J’ai
donc choisi ce moment-là pour me réveiller.
Aujourd’hui,
il fait un temps de cochon au-dessus de l’Espiguette. Ca
finira bien par se calmer.
En
tout cas, ce matin à mon réveil, j’ai
retrouvé la lampe du génie près de mon
lit. Je te la montrerai la prochaine fois que tu viendras manger chez
moi.
Tu
viendras bientôt ?
Charlie
Mina fut absolument enchantée par la lecture de cette histoire. Mieux encore, elle le dit de façon enthousiaste à Charlie quand elle le revit le lendemain matin. Il en resta tout songeur : le premier vœu semblait s’exaucer.
La hache de guerre paraissait définitivement enterrée.